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  • JudithGeneviève

Souffres-tu de langueur?


Te sens-tu comme moi, fatiguée, à plat? Personnellement, je manque de motivation, mon énergie est basse, ma vitalité est partie dans le sud… sans moi! Bref, je me languis.


Rassure-toi, je vais bien globalement : mon couple n’est pas si mal, mon garçon grandit bien, je ne suis pas malade, je vis professionnellement une belle période, je possède de bons amis... Mais le moral n’y est pas.


Depuis le début du mois de février, je me demande ce qui m’arrive. Je fais un peu de sport, je prévois des activités sociales, quelques divertissements... Ça fait du bien, mais la lourdeur demeure. Je ne me sens pas enthousiaste, alors que je le suis habituellement.


Il y a la météo qui s’acharne, l’hiver qui s’étire, la pandémie qui perdure et la tension mondiale qui augmente. Tout cela m’affecte. Alors pour l’arrivée du printemps, je sens le besoin de te parler d’un concept que l’une de mes clientes m’a fait connaître : la langueur. Je m’y suis complètement reconnue; ce sera peut-être le cas pour toi aussi.


Stagnation et vide


C’est le sociologue Corey Keyes[1] qui a décrit en premier ce sentiment au début des années 2000. De nombreux spécialistes ont réaffirmé sa pertinence au courant des deux dernières années; la langueur actuellement ressentie par bien des gens est en effet une conséquence de la pandémie et des restrictions sanitaires[2].


La langueur peut se décrire comme un sentiment de stagnation, de monotonie et de vide. C’est comme si notre vie était en pause, on a l’impression d’être en attente. On ne souffre ni de dépression ni d’épuisement professionnel. Il ne s’agit pas d’anxiété non plus ni d’un trouble de santé mentale. C’est plutôt un état émotionnel.


La langueur s’installe graduellement et on la reconnaît à ses manifestations psychologiques, principalement. Notre concentration est moins bonne, on constate avoir perdu notre enthousiasme pour les choses qui nous font habituellement plaisir. C’est comme si on était aux prises avec une démotivation générale, une sorte d’apathie ou d’inertie. On cherche des solutions, on essaie différentes stratégies pour retrouver notre vitalité. On arrive à effectuer nos activités quotidiennes, mais tout exige davantage d’effort, se fait moins naturellement.


Sur le plan physique, on peut aussi observer des petits maux de stagnation : troubles digestifs, constipation, maux de tête, courbatures, ankylose. Le corps s’est pour ainsi dire mis en arrêt.


En état de langueur, nos vieux schémas, nos bibittes personnelles reviennent en force. Si on a une tendance à l’anxiété, celle-ci augmentera. Le mal de dos qui nous tenaillait depuis des années risque de revenir ou de s’aggraver. En somme, la langueur accentue nos faiblesses.


S’activer


Si la langueur s’est installée en toi, malheureusement elle ne s’en ira pas de sitôt, et ce, même avec l’allègement des contraintes sanitaires et le retour à la normalité. Il te faudra remonter la pente lentement, un pas à la fois. Par contre, tes efforts porteront fruit : avec le temps, la langueur finira par s’atténuer et disparaître. 😊


S’activer semble en effet être le remède recommandé par de nombreux spécialistes. Le psychologue Dominique Pesant[3] a d’ailleurs construit un outil afin d’aider les gens à s’activer dans un contexte de pandémie, afin qu’ils ne sombrent pas dans un état de léthargie pouvant entraîner une problématique plus sérieuse. 🏃🏻‍♂️ Je te suggère d’y jeter un coup d’œil.


Il faut donc forcer un peu la note et renouer avec des activités que tu aimes et qui génèrent en toi un sentiment positif. L’idée est de réduire tes pensées négatives, de briser ton engourdissement en t’activant, même si tu manques d'énergie, même si ton feu intérieur te semble éteint.


Nommer qu’on vit actuellement de la langueur peut aussi apporter un soulagement. Pour ma part, le simple fait d’écrire cet article m’a libéré d’un certain poids. D’autres suggestions sont aussi intéressantes : prendre congé quand c’est possible, se permettre de ressentir de la joie, changer d’environnement, sortir de chez soi. Évidemment, si tu en sens le besoin, tu peux consulter. 🙂


Patience


En terminant, souviens-toi que la patience sera nécessaire. Même si tu reprends certaines activités, il se peut que la langueur perdure. Mais plus tu t’activeras, mieux tu te porteras.🧍🏻‍♀️Alors, choisis tout de suite une activité à entreprendre, une personne à revoir, un lieu à revisiter. De mon côté, j’ai décidé d’aller en randonnée; je n’ai pas mis les pieds en forêt depuis une éternité! Et toi, que vas-tu faire? À bientôt!


Judith Petitpas, travailleuse sociale

[1] Keyes CL. The mental health continuum: from languishing to flourishing in life. J Health Soc Behav. 2002 Jun;43(2):207-22. [2] Voir par exemple : https://www.verywellmind.com/languishing-is-the-mood-of-2021-5180999,https://www.lapresse.ca/actualites/2021-04-25/ca-s-appelle-la-langueur.php, https://www.nytimes.com/2021/04/19/well/mind/covid-mental-health-languishing.html, ou https://www.lapresse.ca/societe/2022-02-22/en-finir-avec-la-langueur.php. [3] https://divers.lpcdn.ca/redact/lapresse/arts/0217-autogestion-COVID-19.pdf.