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  • JudithGeneviève

Mangez-vous des cochonneries?

Qu’est-ce que le mot « cochonnerie » évoque en vous? Culpabilité? Honte? Aliment sans valeur ou poubelle?


Il existe deux mythes qui ont la couenne dure en matière de gestion du poids et de nutrition. Le premier laisse croire que si l’on mange des cochonneries, il est impossible d’être en santé et à son poids naturel. Selon cette croyance, il faudrait manger parfaitement pour atteindre ces objectifs; la restriction serait donc la clé du succès. Le second mythe véhicule l’idée que les personnes qui peuvent manger des cochonneries sans prendre de poids peuvent le faire parce qu’elles sont chanceuses, favorisées par un métabolisme rapide.


Vous l’aurez deviné, la vérité est tout autre! Si l’on observe les habitudes alimentaires des gens, on constate que la majorité d’entre eux incluent des cochonneries dans leur alimentation et qu’ils sont pour la plupart en santé et affichent un poids sain. De plus, très peu de personnes ont réellement un métabolisme plus rapide que la moyenne. Ces personnes, dites chanceuses, sont simplement douées pour écouter leurs signaux d’appétit et manger selon les besoins de leur corps, ni plus, ni moins.


Inclure des cochonneries dans son alimentation, c’est santé!


Pourquoi prenons-nous des vacances? Pourquoi allons-nous pique-niquer un dimanche? Parce que ça fait du bien! Et qu’en tant qu’humains, nous ne pouvons pas être uniquement rationnel et viser la rectitude en permanence. Si notre vie se résumait à étudier ou travailler, nous serions vidés, physiquement et psychologiquement, nous nous sentirions démotivés.


Nous avons besoin de temps de repos, de loisirs; nous avons besoin d’éprouver du plaisir, de nous amuser. C’est ainsi qu’il est possible de trouver un équilibre dans nos vies. Ce principe vaut aussi pour la nutrition : l’alimentation n’a pas besoin d’être parfaite pour que l’on soit en santé. Le corps est doté de mécanismes physiologiques sophistiqués qui lui permettent de faire face à des polluants, à des additifs alimentaires, à un excès momentané de sel, de sucre ou de gras.


Il n’est pas nécessaire de manger de manière optimale tout le temps, c’est plutôt le cumul des événements qui compte. Si un jour on a dégusté quelque chose de moins santé, ou trop mangé, on ne s’en soucie pas; le corps retrouvera graduellement son homéostasie. C’est-à-dire qu’il se réajustera les jours suivants grâce à ses mécanismes de régulation, comme la modulation des signaux de l’appétit, le désir spécifique d’aliments nutritifs ou une dépense énergétique augmentée. Se culpabiliser est donc futile; mieux vaut être à l’écoute de son corps et lui faire confiance.


Si vous souhaitez retrouver une alimentation équilibrée, commencez par cesser d’utiliser le terme cochonnerie et remplacez-le par aliment plaisir. C’est beaucoup plus juste.


Les aliments plaisir sont des aliments dont la principale valeur nutritionnelle est de fournir de l’énergie (des calories).


Leur fonction est tout aussi vitale que celle des aliments dits nutritifs. Ils sont savoureux, rehaussent notre expérience, apaisent, font plaisir. Ils sont festifs, divertissants. Les inclure permet d’honorer les dimensions émotives et sociales de l’alimentation.


Cela revient à prendre soin de son être entier.


Pour simplifier, on pourrait dire qu’une alimentation saine est approximativement composée de 80 % d’aliments nutritifs (riches en fibres, vitamines, minéraux, phytonutriments et peu transformés) et de 20 % d’aliments plaisir (ceux qui rendent votre palais heureux).


Bref, les aliments plaisir ne vous « cochonnent » pas l’intérieur! Au contraire, ils contribuent à votre équilibre et votre santé. Fantastique, non?



Geneviève